Communiqué de l’Institut Louis XVII au sujet du livre Sang Royal de Jean-Louis Bachelet

Depuis de nombreux mois, la maison d’édition RING annonçait la sortie d’un ouvrage « grand public » qui mettrait fin aux questions nombreuses et jusqu’ici non résolues sur la vie et la mort de Louis XVII, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, officiellement décédé à la prison du Temple le 8 juin 1795. L’ouvrage se révèle vide d’intérêt, n’apportant pas même une synthèse satisfaisante des connaissances actuelles sur le plan historique, ni une avancée scientifique recevable.

Un spécialiste contestable

En deux siècles, des centaines de chercheurs et de scientifiques se sont penchés sur les mystères entourant la possible évasion de Louis XVII, sa survie et son retour en France, à l’âge adulte, sous le nom de Naundorff. Jean- Louis Bachelet, pianiste et comédien, prétend clore l’énigme en rédigeant un « thriller » historique. Ni historien, ni chercheur expérimenté, ni même romancier, l’auteur livre un ouvrage confondant de maladresse par sa forme, son ton et l’indigence de son contenu.

Mauvais roman, fausse enquête

Si le livre veut clore l’énigme grâce à de prétendues découvertes scientifiques, il ne traite, à l’exception des dernières pages, que de l’aspect historique de la question. Pourtant cette question historique est particulièrement mal abordée. La forme prétendument romanesque tente maladroitement de masquer l’amateurisme de l’auteur :

– ouvrage sans sommaire ni index, rythmé par des titres de chapitre allusifs et souvent vulgaires

– bibliographie ridiculement limitée à quelques dizaines de titres pour un sujet qui a suscité des centaines de publications et ne distinguant pas les sources des ouvrages critiques

– récit brouillon ne s’appuyant sur aucune source mentionnée en note pour étayer ses affirmations

– absence de documents favorisant la compréhension du lecteur : ni plan du Temple, ni chronologie des événements

Toute publication qui ne s’appuie pas sur des sources ne peut prétendre faire autorité d’un point de vue historique et ne peut en aucun cas se présenter comme une enquête dont le principe même est d’apporter des preuves pour soutenir son propos. Ce simple constat discrédite d’emblée l’intégralité de l’ouvrage Sang Royal.

Une méconnaissance évidente du sujet

L’ouvrage comporte de nombreuses lacunes et donc une approche tronquée des faits. Toutes ces lacunes et ces erreurs, quelquefois grossières, témoignent d’une approche hâtive du sujet, qui sacrifie la recherche de la vérité au profit de la dynamique romanesque :

– informations chronologiques lacunaires, imprécises ou même fausses (le cas le plus flagrant est l’accusation d’inceste portée contre Marie-Antoinette en date du 19 octobre 1793 d’après Jean-Louis Bachelet, soit trois jours après l’exécution de la Reine).

– événements clefs de la période du séjour au Temple à peine mentionnés ou passés sous silence (venue de Barras au Temple, visite du docteur Desault à l’enfant du Temple bien avant sa nomination,…)

– « oublis » commodes sur l’histoire des fouilles du cimetière Sainte-Marguerite où fut inhumé l’enfant mort au Temple. Ne sont évoquées aucunes des fouilles réalisées au cours du XXe siècle, ni le crâne scié de l’enfant autopsié au Temple et retrouvé à l’endroit indiqué par des témoignages concordants au cours des fouilles réalisées au XIXe siècle. La question est balayée par une hypothèse, certes très romanesque mais fondée sur aucune preuve recevable, extrapolée à partir du rapport du Pr Gaston Labrousse, selon laquelle les partisans de Naundorff auraient fait disparaitre « tout indice qui put confirmer la mort de l’enfant au Temple ».

Archives secrètes du Vatican : un immense bluff !

Selon l’éditeur, l’intérêt de l’ouvrage reposerait sur deux axes : la révélation d’archives secrètes détenues par le Vatican et les découvertes scientifiques du Professeur Lucotte.

En réalité, Jean-Louis Bachelet livre une conclusion bien moins brillante. Il assure, à l’issue d’un échange avec Monseigneur Bruguès, directeur des archives du Vatican, qu’il n’y a pas, au Vatican, d’archives secrètes susceptibles d’apporter la preuve que Naundorff était bien Louis XVII.

Jean-Louis Bachelet croit-il qu’il suffit d’aller au Vatican et de demander des « dossiers secrets », pour qu’on les lui livre, à lui, ni historien, ni mandaté par une quelconque autorité politique ou religieuse ? Croit-il que la réponse à une affaire historique aussi complexe tienne dans un petit dossier tenu secret au Vatican ?

A défaut de recherches sérieuses et faute d’avoir obtenu ce fameux « dossier secret » si romanesque, Jean-Louis Bachelet doit pourtant conclure son « thriller » : puisqu’il n’a pas la preuve que Naundorff est Louis XVII, alors Naundorff n’est pas Louis XVII. Pour assoir ce sophisme, il récuse tous les témoignages, pourtant nombreux, qui contredisent sa thèse sur des motifs toujours arbitraires et souvent proches de l’injure.

Sur l’aspect scientifique, Jean-Louis Bachelet croit-il qu’en trois paragraphes, sans sources, et sans détailler les différents travaux du Pr Lucotte entre 2012 et 2015, il puisse apporter au lecteur une conclusion fiable ?

Comment justifier que l’auteur s’appuie presque exclusivement sur les recherches d’un seul scientifique tout en écartant ses travaux les plus probants, réalisés à partir de matériel génétique prélevé sur des personnes vivantes et en contestant, par ailleurs, ses conclusions sur la mèche Reizet ?

Clairement partisan, l’auteur se contente d’évoquer les travaux réalisés par le Pr Lucotte sur des échantillons anciens, sans les identifier ni détailler les techniques employées pour l’étude.

L’Institut Louis XVII ne voit donc, en aucun cas, dans le livre de Jean-Louis Bachelet la conclusion annoncée d’une affaire historique complexe et qui ne peut espérer avancer qu’entre les mains d’historiens compétents et de scientifiques disposant d’éléments génétiques incontestables.

https://www.louis17.com/

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About chartedefontevrault

Royaliste depuis mon entrée en Faculté de Droit et des Sciences économiques, ce qui est d'ailleurs assez tardif, j'ai découvert ma voie dans le royalisme providentialisme, c'est-à-dire le royalisme de de ceux qui s'en remettent à Dieu du point de savoir qui doit être Son Lieutenant en terre de France. La Charte de Fontevrault assure ce combat quotidien dans lequel elle est loin d'être seule, grâce à Dieu. http://www.sylmpedia.fr/index.php/Charte_de_Fontevrault http://www.sylmpedia.fr/index.php/Alain_Texier http://www.sylmpedia.fr/index.php/Providentialisme
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2 Responses to Communiqué de l’Institut Louis XVII au sujet du livre Sang Royal de Jean-Louis Bachelet

  1. chouandecoeur says:

    Bonjour,
    D’abord mes meilleurs vœux à tous pour l’année 2017, vœux qui ne peuvent être meilleurs qu’en se résumant par ceux du Retour du Roi pour le bienfait de la France et du monde.
    Enfin un communiqué de l’Institut Louis XVII digne de ce nom, qui met une fois pour toute les ponts sur les i sur ce livre qui est d’une nullité crasse.
    Merci à l’Institut Louis XVII.
    Chouandecoeur

  2. Xavier says:

    Bonne et Sainte année à tous.
    J’ai lu ce livre afin de pouvoir en parler en connaissance de cause. Effectivement c’est un mauvais roman, qui n’apporte aucune preuve et j’ai eu beaucoup de mal à en terminer la lecture. Ce n’est pas une étude sérieuse. A ranger sur l’étagère la plus haute de la bibliothèque…

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