L’INSTITUTION DU SAINT EMPIRE, UNE OEUVRE ROYALE FRANCAISE.

Votre serviteur a voulu écrire cet article à l’attention de nos amis transalpins. Les Royalistes Français d’un certain âge seront heureux de se voir conforter dans leurs traditions et dans leur Foi. Les plus jeunes apprendront peut être quelque chose…

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Les italiens ne font pas la distinction entre le Saint-Empire Romain et Francs des Carolingiens et le Saint Empire Romain Germanique : ils le nomment tout bonnement Sacro Romano Impero, en Français, Saint Empire Romain. Oui mais voilà, l’insitution du Saint Empire se trouve être une oeuvre Royale Française !

Le 28 janvier 2014, il y a eu douze cents ans que Saint Charlemagne expirait dans son palais d’Aix-la-Chapelle. Vêtu du cilice qu’il n’avait jamais quitté, mais paré des insignes impériaux, il était non couché dans un cercueil, mais majestueusement assis sur un trône de marbre recouvert de lames d’or.

Quelques années après, un illustre prélat, Raban Maur, archevêque de Mayence, inscrivait son nom dans son martyrologe. En 1165, pendant les fêtes de Noël, Frédéric Barberousse fit rendre le décret de sa canonisation par l’Antipape Pascal III. Le siège apostolique, sans vouloir approuver une procédure irrégulière, ni la recommencer dans les formes, puisqu’on ne le lui a jamais demandé, a cru devoir respecter ce culte dans tous les lieux où il fut établi. Avant l’époque de la Réforme, le nom du Bienheureux Charlemagne se trouvait sur le calendrier d’un grand nombre de nos Eglises de France. Plus de trente Eglises en Allemagne célèbrent encore aujourd’hui la fête du grand empereur.

Son culte, dit Benoît XIV, s’est pratiqué à la connaissance de tant de pontifes légitimes qui l’ont toléré et maintenu pendant une si longue suite de siècles qu’il ne lui manque, ainsi qu’il paraît, aucune des conditions requises pour la validité du culte dans les églises particulières» (De servorum Dei canonizatione, t. I, rap. IX, num. 4).

Chinon : Plaque commémorative posée au mur des vestiges la grande salle du Château Royal, où Jeanne fut présentée au dauphin Charles (futur Charles VII) pour la première fois le 7 mars 1429, pour le convaincre de lever une armée et aller battre les Anglais. http://www.stephanecompoint.com/41,,,30629,fr_FR.html

On sait que Sainte Jeanne d’Arc fit appel à l’efficacité de son intercession auprès de Dieu -avec Saint Louis– pour convaincre Charles VII de l’authenticité de sa mission.

Gentil Dauphin, lui dit-elle à Chinon, pourquoi ne me croyez-vous ? Je vous dis que Dieu a pitié de vous, de votre Royaume et de votre peuple, car Saint Louis et Saint Charlemagne sont à genoux devant Lui en faisant prière pour vous

Tout commence la nuit du 25 décembre de l’an 800, une des dates mémorables de l’histoire universelle.

Il parut au Pape Léon III qu’il serait digne de la majesté de l’Eglise d’élever le rang de son défenseur au-dessus de toutes les dignités humaines. Et c’est pourquoi, dans cette nuit, il posa la couronne Impériale sur le front de Charle I° Le Magne, dit Charlemagne.

C’était la poser, sur le front d’un homme si grand, dit Joseph de Maistre, que la grandeur a pénétré son nom.

La signification politique de ce titre, Empereur, paraît avoir laissé le grand Roi indifférent ou même incrédule, mais il se pénétra profondément de sa signification religieuse. Après que le sénat et le peuple romain eurent crié par trois fois : «A Charles, très pieux, auguste, couronné de Dieu ; au grand et pacifique empereur des Romains, longue vie et victoire», Charlemagne prêta ce serment : «Au nom du Christ, moi, Charles, je m’engage devant Dieu et Son apôtre Pierre, à protéger et à défendre cette Sainte Eglise Romaine, moyennant l’aide d’En-Haut, autant que je saurai et pourrai».

Depuis le baptême de Clovis en l’An 496, le Roi de France a pour mission de défendre le Bien Commun et la foi Catholique. Le Royaume de France est un Royaume Très Chrétien. Il accompli la Geste de Dieu par les Francs. Avec Charlemagne, c’est tout l’Empire Romain reconstitué qui se doit d’être Très Chrétien : on le nomme pour cela Saint-Empire Romain. Le but du Saint-Empire est ainsi l’extension de la Chrétienté, tel est le noyau de l’Ordinatio Imperii, constitution du Saint-Empire formée à partir des Lois Fondamentales du Royaume de France.

Dans l’Ordinatio Imperii, on retrouve la Loi de sucession mâle, à l’exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance, la Loi de Naissance Légale dont la violation entrainera le partage de Verdun, les Lois de Catholicité, de Sacralité, d’Inviolabilité et de gouvernement par Grand Conseil.

Dans le Capitulare Aquense, il est dit :

Que chacun veuille se conserver dans le service de Dieu. Le seigneur Empereur est établi pour être, après Dieu et les Saints, leur gardien et leur défenseur.

Après son élévation à la dignité Impériale, Charlemagne se fit prêter par ses sujets un nouveau serment et il le motiva ainsi :

Primum et anusquisque et personna propria se in sancto Dei seruitio secundum Dei præceptum et secundum sponsionem suam plentter conservare studeat. Afin que, tout d’abord, chacun, de sa propre personne, s’applique à se maintenir pleinement dans le Saint service de Dieu.

Lui-même prêcha d’exemple en redoublant de zèle et d’activité pour le bien public envisagé Chrétiennement.

Ainsi, depuis Saint-Denis puis Aix-la-Chapelle, l’Empereur à la barbe fleurie a l’habitude de gouverner avec l’Aide et le Conseil de 12 Preux (du bas-latin prodis signifiant « utile ») : six Preux Ecclésiastiques et 6 Preux Laïcs. Les premiers sont les Archevêques de Reims, Noyon, Lyon, Cologne, Trèves et Mayence, et les seconds sont les « neveux » de Charlemagne, à savoir, Roland de Ronceveaux, Olivier le Sage, Ogier le Danois, Huon de Toulouse, Guillaume Courtenez, Didier de Bordeaux.

Losrque Charlemagne réunit son Conseil, il le fait de manière cérémonieuse autour d’une table… ronde !

Puisse Dieu nous préter assez de sagesse pour découvrir la Vérité, la volonté de la suivre et la focre de nous y maintenir… Amen ! dit l’Empereur.

Amen ! répond le coeur des Preux.

La séance est ouverte…

Le Souverain, maître de la composition de son Conseil –comme il lui plait et selon son bon plaisir- soumet ses décisions juridiques, législatives et d’exécutions des lois à ses 12 conseillers, décidant en dernier ressort et n’étant nullement lié par leur avis.

Animé d’une foi profonde et doué d’une puissante intelligence, Charlemagne doit d’abord faire la guerre pour assurer la sécurité de ses peuples contre les incursions des Saxons, des Slaves et des Avars à l’Est, contre les Arabes en Espagne. Il organise contre eux des «États militaires» et parvient par les armes à converti les Saxons. Enfin, pour répondre à l’appel du Pape menacé, il détruit le Royaume des Lombards ; aussi Léon II couronne-il le Roi de France Empereur d’Occident.

L’Empereur gouverne avec une grande sagesse tous ses États, envoyant partout ses missi dominici pour contrôler les actes et les jugements des Gouverneurs. La prospérité renaît, la population se multiplie, les villes et les villages se développent et pour assurer les communications, l’Empereur établit un réseau de routes, construit des ponts, etc

Son activité ne s’arrête pas là. Il veut donner à ses peuples l’instruction et la Foi ; aussi appelle-t-il auprès de lui les plus éminentes sommités et à côté de chaque église et de chaque monastère il établit une école.

Il réalise pleinement le programme que son conseiller Alcuin (Albinus Flaccus Alcuin 732-804)  lui soumet :

Il vous appartient d’exalter et de conserver la Sainte Eglise de Dieu parmi le peuple chrétien et d’ouvrir à tous la voie du salut éternel !

Charlemagne aime à participer aux discussions théologiques et à présider des conciles. Il pose le principe que les lois de l’Eglise sont lois de l’Etat. Ses Capitulaires, Ordonnaces Impériales, sont un admirable code de lois Chrétiennes. Il réforme les abus dans l’Eglise et choisit les évêques parmi les prêtres les plus dignes et les plus instruits. Son prestige est tel, même en Orient, qu’il obtient la propriété et les clefs du Saint Sépulcre et exerce une sorte de protectorat sur la Terre Sainte.

En 802 parait un admirable Capitulaire :

Qu’y lisons-nous ? écrit Monseigneur Baudrillart, que tous les hommes libres prendront l’engagement de se vouer au service de Dieu, et le détail de leurs devoirs suit. Qu’y lisons-nous encore ? Que la raison d’être de l’Empire c’est l’unité de la foi et de la charité entre tous ses membres ; que le but des conquêtes de l’Empereur c’est l’extension de la foi Catholique : car l’Empereur est le propagateur et le défenseur de la religion Chrétienne (Mgr Baudrillard, La Vocation de la France, p. 15, éd. Flammarion).

L’Empereur signe ses Capitulaires : Charles sous le règne du Christ. Royal sacerdoce qui s’étend sur le monde antique.

La notion du Pape et de l’Empereur était désormais lucide et complète dans tous les esprits. L’empereur apparaissait dans le monde comme le défenseur armé de la vérité désarmée et le Pape comme le prédicateur indépendant de la vérité Souveraine.

En ceignant sur la tête du Roi de France le diadème impérial, la Papauté plaçait sur le front du peuple Français lui-même le signe honorifique de sa dignité suprême. Elle achevait d’une manière solennelle sous les voûtes du Latran l’oeuvre commencée trois cents années auparavant dans le baptistère de Reims.

A considérer ses origines, puis le rôle qu’elle a tenu dans l’histoire -Clovis bat les Ariens, Charles-Martel les Arabes, Charlemagne les Lombards, Montfort écrase les Albigeois, les Guise et la Sainte Ligue triomphent du protestantisme, et aujourd’hui parmi les missionnaires, ce sont ceux qui sont sortis du coeur de la France qui poussent le plus loin les conquêtes de l’Eglise dans les pays infidèles : il est bien vrai ce mot de l’histoire –Gesta Dei per Francos– à considérer tout cela, on peut affirmer que la France a une vocation Chrétienne, c’est-à-dire, qu’elle est Providentiellement destinée à maintenir et à défendre parmi les nations l’existence et les droits de l’Eglise, à établir dans le monde le règne du Roi des Rois, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

La grandeur historique du peuple Franc, dit l’historien  M. Godefroy Kurth, vient tout entière du choix fait de ce peuple par la volonté transcendante qui a créé le monde moderne. A l’aurore de ce monde, il a été appelé et il a répondu à l’appel. Il a mis sa main dans la main de l’Eglise Catholique, il a été son disciple et plus tard son énergique défenseur, et il a reçu de ses mains le flambeau de la vie pour le porter à travers les nations.

La Papauté donnait en même temps son véritable caractère au régime social Chrétien dont la France était le représentant dans le monde. A ce point de vue, on peut dire que le couronnement de Charlemagne était l’acte de naissance de la civilisation Chrétienne. Il existait enfin une société dont le Christ était le chef représenté par Ses deux Vicaires, le Pontife et le Monarque.

OUI, L’INSTITUTION DU SAINT EMPIRE ROMAIN EST UNE OEUVRE ROYALE FRANCAISE !

L’unité de l’Occident et son redressement sont réalisés par l’admirable Charlemagne, Roi de France et Empereur du Saint Empire Romain, à la faveur d’un long règne (46 ans). Son fils Louis le Pieux continuera son oeuvre. On a parlé à juste titre de renaissance Carolingienne :

-Administration centralisée et efficace : le royaume est divisé en provinces à la tête desquelles le roi désigne un comte qui est son représentant.

-Renouveau intellectuel et religieux. On redécouvre le latin et le grec, on débarrasse les écritures saintes des ajouts et des fautes de traduction des copistes.

-De nombreuses écoles sont ouvertes auprès des évêchés et des monastères destinées à fournir un clergé compétent et des administrateurs convenablement instruits.

-Les ordres sont à nouveau formulés par écrit.

-Essor de la littérature, des sciences, des arts décoratifs, de l’architecture, de l’industrie textile.

Pendant des siècles, par la force de l’habitude, l’Eglise conservera l’idée d’un Empire universel Chrétien dont l’Empereur serait la réplique temporelle du pontife romain Catholique: c’est ce qui est histotiquement arrivé avec le Saint-Empire Romain et Franc des Carolingiens, qui porta UNE FOI, UN ROI, UNE LOI de la Catalogne à la Pologne. La chute du SAINT EMPIRE ROMAIN ET FRANC des Carolingiens et l’avènement du Saint-Empire Romain Germanique n’a été utile que pour l’évangélisation de l’Europe Centrale : pour le reste, ce ne sera que Lutte des Investitures et conflits entre Sacerdoce et Empire, portant à des luttes intestines dans toute l’Europe, et en premier lieu sur le sol italien.

Jaques Cassan, conseiller de Louis XIII, dans son livre La recherche des droits du Roi et de la Couronne de France sur les Royaumes, Duchés, Comytés, villes et pays… (éd. Nicolas Trabollet, Paris, 1634, 2t. En 1 vol.), les Allemands ont usurpé après le Partage de Verdun l’Empire Franc de Charlemagne !

Pour la première fois, après l’hérédité Otthonienne –Othon I° descend de Louis le Germanique, la Princesse Otthonienne Edwige, mère d’Hugues Capet est la fille d’Otthon I° et la soeur d’Otthon II, ce qui fait d’Hugues Capet le cousin germain d’Otthon III, garantie de paix entre la France et l’Empire, et les Otthoniens reprendront ainsi à leur compte toute la politique Carolingienne- les principes d’élection du Roi vont être fermement codifiés, évitant par la suite les doubles élections et même, à partir de 1002, l’hérédité Royale.

On apprend dans cet ouvrage dédié à Richelieu que Philippe I°, Louis VI le Gros et Louis VII le Jeune utilisent leur titre d’Empereur : on sait comment finira à Bouvines la volonté de l’Empreur allemand de vassaliser le Roi de France. A partir du règne de Philippe IV Auguste, on dira que le Roi de France est Empereur en son Royaume. Selon les principes de Légitimité, le Rois de France est le seul titulaire de droit  Divin de la Couronne du Saint Empire Romain !

À partir du milieu du XVIII°siècle, le caractère électif du Saint Empire Romain Germanique lui apporte une grande instabilité politique qui ne lui permet plus de protéger ses membres de la politique d’expansion des puissances intérieures (protestantes) et extérieures (France, Empire Ottoman). C’est une des causes de son effondrement. On a dit que Saint-Louis était pressenti pour la Couronne impériale mais sa mort imprévue à Tunis l’empèchera de devenir ce qui aurait pu être le plus grand des Empereurs de la Chrétienté ! Les guerrres Franco-Impériales de l’époque de François I°, les conquêtes napoléonniennes et la création de la Confédération du Rhin démontrent la faiblesse du Saint-Empire Romain Germanique, devenu un ensemble figé et creux.

Le Saint-Empire Romain Germanique disparaît le 6 aout 1806, lorsque l’empereur François II dépose sa couronne aux pieds de Napoléon I° pour n’être plus qu’Empereur d’Autriche, un Etat redevnu héréditaire.

Oui, la Divine Providence semble soutenir le Saint-Royaume de France, les Capétiens construisant la France moderne alors que, parallèlement, le Saint-Empire Romain Germanique se désintègre lentement, d’abord sous l’effet de la révolte des citès italiennes, puis de la rebellion des princes allemands dont beaucoups d’ailleurs deviendront protestants !

La renaissance de l’autorité politique Royale permet l’avènement en France de l’âge d’or de la Chrétienté médiévale :

-Redécouverte des philosophes antiques, de la logique aristotélicienne, du droit romain.

-Insitutions Chrétiennes : Chevalerie, Corporations de métiers, Chambre des Evêques.

-Politique Chrétienne : Croisades, Protectorat Français sur les Lieux saints, organisation des Missions en Afrique, en Amérique et en Asie.

-Construction d’écoles, qui préfigurent les futures universités.

-Renouveau littéraire : naissance du roman courtois ; romans de la Table Ronde.

-Renouveau architectural : naissance de l’art gothique appelé à l’époque l’Art Français.

-Échanges commerciaux et intellectuels intenses.

-Pendant près de 1000 ans le Roi a toujours au moins un fils, puis des frères et des neveux : c’est ce que l’on a appelé « le Miracle Capétien », jamais une fille ne succède, et la plupart des Bourbons sont bien aujourd’hui les descendants en ligne Légitime des Capétiens.

Si la France existe toujours, le Royaume de France -un peuple et un territoire- étant certes encore provisoirement dans les mains d’une Régence diabolique, la Prusse quand à elle par exemple n’existe plus, n’étant plus qu’une zone géographique située entre le Nord-Est de l’actuelle Allemagne réunifiée et le Nord-Ouest de l’actuelle Pologne, et les pays de l’ex-Empire Autro-Hongrois, de l’ex-Tchécoslovaquie et de l’actuel Bénélux ne sont que des provinces du Saint-Empire Romain Germanique aujourd’hui atomisé

LE SEUL SOUTIEN DE L’EGLISE FUT ET SERA DE NOUVEAU LE SAINT ROYAUME DE FRANCE.

Mille ans de déceptions seront d’autre part nécessaires pour que l’Église comprenne de son Seigneur, par la leçon des événements, qu’il lui fallait renoncer à l’utopie d’un Empire théocratique hégémonique, trop dangereux pour sa liberté et la liberté des peuples, qu’elle devait subsister seule universelle dans le concert des Empires Germanique et Austro-Hongrois comme des nations issus du Saint Empire, peuples et villes de la Chrétienté, abandonnant tout pouvoir temporel et laissant à la France le soin de refermer la parenthèse révolutionnaire http://www.sylmpedia.fr/index.php/La_r%8Evolution_dite_Fran%8Daise pour redevenir naturellement la Fille Aînée l’Eglise et l’Educatrice des Peuples.

De Monarchia (traduit en français par La Monarchie) est le titre d’un essai de Dante Alighieri rédigé en latin. Il a probablement été écrit dans les années qui ont précédé l’exil de Dante, entre 1312 et 1313.

C’est peut-être le décès d’Henri VII de Luxembourg, souverain du Saint-Empire Romain Germanique, en 1313, qui lui donne l’idée de ce traité. En effet, avec ce Monarque disparaissent tous les espoirs de Dante de voir un jour l’autorité impériale restaurée sur la péninsule italique au détriment de celle du pape.

Le De Monarchia est un traité assez court. Il est articulé en trois livres :

Livre premier.

Dante ouvre l’essai sur le constat que « parmi les vérités cachées et utiles, la connaissance de la Monarchie temporelle est non seulement des plus utiles, mais aussi des plus secrètes, et que personne ne s’y est engagé (La Monarchie, Livre I, 1, p439)… » Il poursuit en faisant l’éloge de la monarchie universelle comme système politique idéal pour garantir la justice et la paix et, par conséquent, le bonheur des hommes.

Afin de dresser, face à l’idéal Chrétien de l’Eglise universelle, l’idéal humain d’un ordre temporel unique, « société universelle du genre humain », Dante emprunte à l’Eglise un même type d’idéal, et il le laïcise, l’Empereur étant un laïc fidèle ; mais cette laïcisation ne peut s’opérer sans établir la philosophie comme fondement de la société universelle des hommes. Ici, il est intéressant de détailler la manière dont le Florentin se sert des principes hérités d’Aristote et de Saint Thomas, car son travail de réinterprétation engendre les bases de son argumentation : la Monarchie a celà de bien qu’elle apporte la continuité dans la conduite des affaires, et l’accession au pouvoir s’en trouve préservé des querelles d’ambition et de convoitise, le but de la Monarchie étant d’assurer le Bien Commun du peuple qui lui est confié.

-Il s’ensuit que la Monarchie est nécessaire au bien-être du monde (La Monarchie, Livre I, 7 , p.446). »

Livre deuxième.

L’auteur italien tente de montrer que c’est le peuple du Saint-Empire qui doit posséder l’autorité suprême, car il est héritier de l’Empire Romain selon le droit, c’est-à-dire selon la volonté de Dieu, et non seulement selon la force. Le Saint Empire n’est que la ressurection de l’Empire Romain, sous une forme Christianisée. Les italiens ne font pas la différence entre Saint Empire Romain et Francsdes Carolingiens et Saint-Empire Romain Germanique et appelle l’ensemble Saint Empire Romain, point. Le Saint Empire est donc une Monarchie universelle à caractère Chrétien.

Livre troisième.

La dernière partie traite des rapports entre l’Empereur et le Pape, tous les deux tirent leur autorité de Dieu, mais chacun doit l’exercer dans son propre champ de souveraineté : le domaine spirituel pour le pape et le domaine temporel pour l’empereur en vue d’arriver à une symbiose.

Philippe IV le Bel, contemporain de Dante, et François I° reprendront à leur compte l’idée d’un Grand Monarque Français, le Roi de France étant le successeur Légitime de l’empereur Carolinigien.

En 1329 le De Monarchia, accusé d’hérésie par Bertrand du Pouget,(1280-1352)  est brûlé sur le bûcher. En 1159, il est mis par la papauté dans le premier Index des livres interdits et y reste jusqu’en… 1881 ! En 1899, Charles Maurras, père du nationalisme intégral -qui, en France, porte au Royalisme- dira des Français de souche :

Nous sommes Romains

L’Eglise, à la suite d’un Pie VI définissant le 17 Juin 1793 la Royauté Française le meilleur des gouvernement, et d’un Saint Jean Paul II demandant le 13 mai 1980 à la France ce qu’elle avait fait des promesses de son Baptême, doit publiquement rappeler les bienfaits de la Royauté Française Très Chrétienne et qu’elle invite la France à renouer avec cette dernière.

PAS DE MISSION DIVINE DE LA FRANCE SANS CONTINUITE ROYALE !

Cette continuité, interrompue en 1830 (signification de la vision de la Rue du Bac), doit être restaurée.

Et la renonciation en 1963 de l’Archi-Duc Otto de Habsbourg, qui ne “croyait pas en des droits abstraits (alors que ce sont les seuls qu’ils lui restaient !) laisse paradoxalement au Roi de France à venir une Providentielle vocation Impériale que le Sacre de Reims lui donne déjà implicitement.

Dieu ne laisse pas oeuvres inachevées. Or la Royauté Très Chrétienne, à l’origine du Saint-Empire, est son oeuvre. La « Divine surprise » que nous accordera, après toutes les tribulations que subiront l’Eglise et la Chrétienté, notre Mère Immaculée sera donc d’abord la restauration en France d’une Monarchie Royale Très Chrétienne de forme Capétienne. Cette France Capétienne, Catholique et Royale, sera à l’origine d’un renouveau Chrétien en Europe, une cohalition Chrétienne se formera autour du “plus beau Royaume après celui du Ciel”, prélude à un nouveau Saint-Empire.

La Restauration consécutive au triomphe du Cœur Immaculé de Marie imposera donc évidemment à la Royauté Capétienne restaurée -nous laisserons quand à nous humblement à la Providence le choix du Roi- de rompre définitivement avec la laïcité de la République. On retrouvera, en théorie et en fait, les bienfaits de l’accord nécessaire du Temporel et du Spirituel (Zachari 6:12), qui sont si essentiels au bien humain comme au bien Divin des nations.

La contestation de leur légitimité a été le prélude des bouleversements apocalyptiques du monde moderne qui ont porté à la peste marxiste, au choléra hitlérisme et à la rage islamiste: l’autorité Royale s’attachera donc avant tout à préserver cette heureuse concertation des deux pouvoirs.

Ainsi s’établit pour l’avenir la distinction claire des deux pouvoirs, spirituel et temporel, tous deux libres et indépendants, de l’Église et de l’État Catholique et Royal Français à venir, celui-ci établi par Dieu serviteur de celle-là et donc devant pour cela être absolument restauré, recevant d’elle, en revanche la reconnaissance de sa légitimité, l’aide spirituelle et morale qui lui est nécessaire, afin de coopérer au bien naturel et surnaturel de leurs communs sujets. Tels sont « l’augustinisme politique» et sa « théorie des deux glaives» , et la France devra de nouveau protéger l’Eglise et la Chrétienté, et donc reconstituer pour cela un nouveau Saint Empire Romain et Franc!

Les Lois Fondamentales du Royaume de France deviendront les Lois Fondamentales du Saint Empire reconstitué.

Le Royaume de France embrassera toutes les limites de l’Empire Romain, a dit Saint Remy

Au Baptème de Clovis, dans la prophétie de Saint-Rémy, sont annoncés non seulement la Mission Divine de la France mais aussi le fait que cette dernière ne peut s’accomplir que par sa Maison Royale :

APPRENEZ, MON FILS, QUE LE ROYAUME DE FRANCE EST PREDESTINE PAR DIEU A LA DEFENSE DE L’EGLISE ROMAINE QUI EST LA SEULE VERITABLE EGLISE DU CHRIST. CE ROYAUME SERA UN JOUR GRAND ENTRE TOUS LES

ROYAUMES. ET IL EMBRASSERA TOUTES LES LIMITES DE L’EMPIRE ROMAIN ! ET IL SOUMETTRA TOUS LES PEUPLES A SON SCEPTRE ! IL DURERA JUSQU’A LA FIN DES TEMPS ! IL SERA VICTORIEUX ET PROSPERE TANT QU’IL SERA FIDELE A LA FOI ROMAINE. MAIS IL SERA RUDEMENT CHATIE TOUTES LES FOIS QU’IL SERA INFIDELE A SA VOCATION

(Migne. Patr. lat. CXXXV, p. 51 et sv. Flodoard, Historia Ecclesiæ

Remensis. Lib. 1, cap. 13. Bibl. Nat. A. 112 à 329) !

Et la prophétie dite de Raban Maur (Xe siècle) semble résumer toutes les prophéties du Grand Monarque qui reviendra à la fin des temps rétablir la Royauté et faire reprendre à la France sa Mission Divine :

VERS LA FIN DES TEMPS, UN DESCENDANT DES ROIS DE FRANCE REGNERA SUR TOUT L’ANTIQUE EMPIRE ROMAIN. IL SERA LE PLUS GRAND DES ROIS DE FRANCE ET LE DERNIER DE SA RACE. APRES UN REGNE DES PLUS GLORIEUX, IL IRA A JERUSALEM, SUR LE MONT DES OLIVIERS, DEPOSER SA COURONNE ET SON SCEPTRE, ET C’EST AINSI QUE FINIRA LE SAINT EMPIRE ROMAIN ET CHRETIEN (Voir : Bloc Catholique, mars-avril 1923, n° 187, p. 51 : Les Francs, peuple élu) !

Si le thème de la Jérusalem Céleste comme symbole du paradis est un lieu commun de l’époque des Croisades, la Jérusalem Terrestre, vision de Paix, de Justice et d’Union pour toutes les tribus d’Israël, demeure le symbole du Royaume messianique et de l’Eglise Chrétienne ouverte à tous les peuples.

Et les prophéties du Grand Monarque nous disent que quand ce dernier montera sur le Trône de ses ancêtres sous le nom d’Henri V de La Croix, il reprendra à son compte l’idée de Dante d’un Empire Chrétien universel et demendra et obtiendra que soit instruit le procès en canonisation de son ancêtre : beaucoup  pensent qu’il s’agit de Louis XVI, mais aux vue de la Grandeur de l’Empereur à la barbe Fleurie, n’avons-nous pas le droit de penser qu’il s’agira de ce dernier ?

Récapitulons : Le Saint Empire est l’oeuvre de la Royauté Française. La Monarchie est le système politique idéal pour garantir la justice et la paix et, par conséquent, le bonheur des hommes. Afin de dresser, face à l’idéal Chrétien de l’Eglise universelle, l’idéal humain d’un ordre temporel unique, « société universelle du genre humain », le Monarque doit être un  Chrétien, le but du Saint Empire étant de répendre les véritès Chrétiennes, ce qui est la Mission Divine de la France. Le Roi de France étant l’héritier Légitime de Charlemagne, c’est àlui de reconstituer le Saint-Empire.

Apraès la parenthèse républicaine, SMTC Henri V de la Croix, Grand Monarque promis et annoncé, viendra à un moment où la France et la Chrétienté se trouveront en danger : il rendra au Divin Christ-Roi la couronne perdue à la Rue du Bac en Juillet 1830, restaurera en France la Monarchie Capétienne, Catholique et Royale, et défendra l’Eglise et le pape des ennemis de la foi Chrétienne, établissant la Jérusalem Terrestre, vision de Paix, de Justice et d’Union pour toutes les tribus d’Israël, demeure le symbole du Royaume messianique qu’est le Saint Empire et de l’Eglise Chrétienne ouverte à tous les peuples.

Une dernière chose. Le fondateur du Saint Empire, Charlemagne, fut canonisé en 1165 par l’anti-pape Pascal III. La Curie Romaine n’a jamais validé ni infirmé cette mesure. Le culte est toléré, http://wordpress.catholicapedia.net/bienheureux-charlemagne/ Son lointain descendant pourrait demander au pape la canonisation de celui qui a fondé le Saint-Empire Romain et qu’il serait juste d’appeller Saint-Charlemagne. Nul doute que le Grand Monarque à venir en fasse son Saint Patron comme son modèle…

Hervé J. VOLTO, CJA, Président Honoraire de la Charte de Fontevrault (Président 1991-1994), membre du Chapitre Général et Délégué Officiel pour l’Italie

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A paraître : Le Sacre des Rois de France.

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La Saint Martial des Ardents, vers le 12 novembre, peut -et doit- redevenir la grande fête locale de la ville de Limoges. Ce blog propose plusieurs moyens pour y contribuer dont l'opération "Loupiotes" et " les Rencontres littéraires". Pour y aider , une seule adresse courriel : sm.ardents@orange.fr
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