Une légende urbaine : la consécration de la France par Louis XIV à saint Joseph

Un bruit qui courre

Il courre sur le Net depuis quelques années (on ne sait combien) que le Roi Louis XIV aurait consacré la France à Saint Joseph. Notamment est souvent repris un article de l’excellente revue Chrétiens Magazine  http://www.chretiensmagazine.fr/2010/03/louis-xiv-consacre-la-france-saint.html datée de 2009, signé du Père Damien-Marie, qui se réfère à des recherches de monsieur Christian Gaumy 1.
On ne sait l’origine de cette information, et force est de constater que l’article est pauvre en références historiques et en sources. Tout cela est mis sur le compte de la précipitation du jeune roi après la mort de Mazarin  !
À partir de ce constat, on peut légitimement se poser la question de la véracité de l’information.
Ce sujet à déjà été traité sur le Forum du Royaume de France 2. Une réponse de Semper fidelis, sans ambiguïté, était appuyée par le relevé des actes officiels pour cette période.
Pour y voir un peu plus clair, nous relèverons dans un premier temps les arguments de l’article de Chrétiens magazine. Puis une chronologie des événements — dûment constatés — permettra de les resituer et de les comprendre. Enfin, une analyse rationnelle de ces arguments sera proposée.

Les arguments relevés dans le texte du Père Damien-Marie

Il faut reconnaître que les arguments sont faibles et souvent réduits à des affirmations sans aucune référence  ! Voyons les sous forme d’extraits :

L’officialisation de l’acte

Il aurait toutefois dû consulter les prélats français, or le 19 mars était proche… Les rares évêques qui purent être contactés à temps donnèrent leur accord.

L’intimité de la consécration

Il est vrai que la cérémonie de 1661 eut lieu dans l’intimité : non dans une Basilique, une cathédrale ou une église… mais tout simplement dans la chapelle du Louvre. C’est là que, le matin du samedi 19 mars 1661, la France fut consacrée à saint Joseph.

Le prêche spécifique de Bossuet

Le célèbre évêque de Meaux avait accepté, au pied levé, de ne pas prêcher sur le carême ce jour-là et de composer, en grande hâte, son deuxième panégyrique 3 à saint Joseph (il ne pouvait, certes, avoir l’indélicatesse de répéter le premier panégyrique qu’il avait déjà prêché, quelques années plus tôt, devant la reine-mère)

Une conclusion du sermon appropriée à l’événement ?

Citons, pour conclure, la belle envolée par laquelle se termine ce sermon :

« Joseph a mérité les plus grands honneurs, parce qu’il n’a jamais été touché de l’honneur ; l’Eglise n’a rien de plus illustre, parce qu’elle n’a rien de plus caché. Je rends grâces au roi d’avoir voulu honorer sa sainte mémoire avec une nouvelle solennité. Fasse le Dieu tout puissant que toujours il révèle ainsi la vertu cachée ;mais qu’il ne se contente pas de l’honorer dans le ciel, qu’il la chérisse aussi sur la terre. Qu’à l’exemple des rois pieux, il aille quelquefois la forcer dans sa retraite… Si Votre majesté, Madame, inspire au roi ces sages pensées, elle aura pour sa récompense la félicité. »

La célébration annuelle

Par la suite, la consécration de la France à saint Joseph fut commémorée en France tous les 19 mars jusqu’à la révolution.

Chronologie des événements

  • En 1621, le pape Grégoire XV, usant de son pouvoir spirituel, proclama que la fête de saint Joseph serait fête de précepte pour l’Église universelle.
  • 16 juin 1660, apparition Saint Joseph à Bessillon (Cotignac) à un jeune pâtre, Gaspard.
  • 9 mars 1661, mort de Mazarin.
  • 10 mars, Haut conseil, le Roi gouvernera en personne.
  • 12 mars, par lettres patentes, Louis XIV, usant de son pouvoir temporel, décrète jour chômé dans tout le royaume le jour de la fête de Saint Joseph, le 19 mars.
  • Louis XIV écrit, de Paris, à Messieurs les Vicaires Généraux du Cardinal de Retz, archevêque de Paris (ce dernier était à Rome), pour que l’on célèbre la fête de Saint Joseph.
  • 19 mars, le Roi assiste à la messe à la chapelle du Louvre. La Reine-mère écoute le sermon de Bossuet chez les Carmélites de la rue Saint-Jacques.

La Gazette du 26 mars (n°37 p 283) rapporte que :

à l’occasion de la fête de Saint Joseph, le Roi va faire ses dévotions en l’église des Feuillants.

Analyse des arguments

C’est le point qui suscite plus de questions que de réponses  !

Officialisation de l’acte

C’est le Roi qui nommait les évêques comme on peut le constater dans les actes officiels du 12 mars de cette année-là  ! L’archevêque de Paris était à Rome 4 donc le Roi a contacté ses vicaires généraux pour les informer de l’acte qu’il venait de signer. Si c’était, comme il est écrit, pour leur demander leur aval, où sont les courriers-réponses  ?

L’intimité de la consécration

Pourquoi faire un tel acte en catimini  ?
Il est difficile de croire que le jeune roi qui venait de prendre son envol (10 mars), qui décréta l’officialisation de la fête en rendant le jour férié (12 mars) se soit arrêté dans son élan pour faire une consécration a minima dont on ne trouve aucune trace, aucun texte et aucun témoin cité dans aucune chronique  !
N’avait-il pas l’exemple de son père qui fit, pour la consécration à la Vierge, un acte officiel  : l’Édit de Saint-Germain qui fut enregistré comme loi du Royaume par le Parlement et ratifié par l’épiscopat et par le peuple français  ?

Le prêche spécifique de Bossuet

En premier, il est dit que Bossuet avait accepté de prêcher sur Saint Joseph plutôt que sur le Carême  ! Qu’y a-t’il d’exceptionnel à cela  ? Il est tout a fait normal que l’on prêche sur le saint d’une fête de précepte même en carême.
Pour quoi cela aurait été exceptionnel en 1661  ?
Nous n’étions pas en Semaine sainte. Cette année là le mercredi des cendres se trouvait le 2 mars  ; les Rameaux tomberont le 10 avril et Pâques le 17 avril. Nous en étions donc à la troisième semaine de Carême, un samedi.
Alors pourquoi ce deuxième panégyrique 5 de Saint Joseph poserait problème sachant que le premier 6avait été déclamé deux fois, en 1657 et 1659, le même 19 mars, pour la même fête de Saint Joseph qui tombait aussi pendant le Carême pour ces deux années  ?

En second lieu, il est avancé que Bossuet avait composé le deuxième panégyrique pour ne pas faire l’affront à la Reine-mère d’une redite  ! Là il semble qu’il y ait eu une confusion  :

  • En 1657, il prêche devant les évêques réunis pour l’Assemblée du clergé de France  ;
  • en 1659, c’est la Reine qui demande à Bossuet de reprendre le premier panégyrique  ! Celui-ci s’en plaint d’ailleurs  :

    elle m’ordonne de rappeler en mon souvenir des idées que le temps avait effacées.

    Bossuet n’a eut que deux jours pour recueillir ses souvenirs 7.

  • Pour 1661, il ne peut s’agir que du deuxième panégyrique, ce qui fait que l’argument tombe de lui-même  !

Une conclusion du sermon appropriée à l’événement

Dans ce sermon (deuxième panégyrique) Bossuet annonce son sujet :

Comme je me propose aujourd’hui de traiter ces vertus cachées, c’est-à-dire de vous découvrir le cœur du juste Joseph, …

Il articule son propos sur trois points qu’il énumère peu après  :

Les vertus mêmes dont je parlerai ne sont ni de la société ni du commerce ; tout est renfermé dans le secret de sa conscience. La simplicité, le détachement, l’amour de la vie cachée sont donc les trois vertus du juste Joseph, que j’ai dessein de vous proposer.

L’adresse de son sermon est sans équivoque  : «mes sœurs».
Ce n’est qu’au milieu de la troisième partie qu’il fait référence à la présence de la Reine. La fin de sa conclusion lui est adressée en exhortation  :

 Je rends grâces au Roi d’avoir voulu honorer sa sainte mémoire avec une nouvelle solennité. Fasse le Dieu tout-puissant que toujours il révère ainsi la vertu cachée ; mais qu’il ne se contente pas de l’honorer dans le ciel, qu’il la chérisse aussi sur la terre ; qu’à l’exemple des rois pieux il aille quelquefois la forcer dans sa retraite ; …

À aucun moment les termes «consacré  ; consécration  ; patron» ne sont dans la bouche de Bossuet  !
L’exhortation qu’il adresse à la Reine est de tout faire pour que le jeune Roi reste vertueux à l’image de Saint Joseph.
Il est donc difficile de faire un rapport entre cette conclusion et l’évocation de la consécration  !

La célébration annuelle

Si la consécration a bien été commémorée tous les ans jusqu’à la Révolution cela fait 127 ans multiplié par le nombre de paroisses de France et de Navarre  ! Alors, où sont les traces, les correspondances privées, les allusions dans les écrits dans les textes, les dessins, les peintures ? Surtout où est le texte de la consécration  ?

Notre conclusion

Il aurait été bien utile aux légitimistes d’arguer aux détracteurs de Louis XIV — à qui on reproche de n’avoir pas consacré la France au Sacré-Coeur 8 — que le grand roi n’avait pas hésité à consacrer la France à saint Joseph, mais l’honnêteté prime. Aussi nous faut-il conclure à regret, qu’à part la récente consécration à Saint Joseph du diocèse de Toulon-Fréjus — pour laquelle les preuves historiques abondent –, celle de la France par Louis XIV, en 1661, ne relève que de la légende urbaine

DR

Références

A propos alaintexier

La Saint Martial des Ardents, vers le 12 novembre, peut -et doit- redevenir la grande fête locale de la ville de Limoges. Ce blog propose plusieurs moyens pour y contribuer dont l'opération "Loupiotes" et " les Rencontres littéraires". Pour y aider , une seule adresse courriel : sm.ardents@orange.fr
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6 commentaires pour Une légende urbaine : la consécration de la France par Louis XIV à saint Joseph

  1. alaintexier dit :

    Les lignes qui suivent m’ont été communiquées par « Marie-Laure Cardon » le 19/03/19 à 00:17

    MOIS DE MARS, MOIS DE SAINT JOSEPH – 19 mars 2009 – 348e anniversaire de la consécration de la France à Saint Joseph par LOUIS XIV

    La dévotion à saint Joseph s’est développée assez tardivement en Occident. Ce n’est guère qu’au XVème siècle qu’apparaissent les premières manifestations principalement en Italie et en Espagne (on sait la confiance que la grande sainte Thérèse d’Avila avait envers le Père nourricier de l’Enfant-Jésus ; c’est sous sa protection qu’elle plaçait chaque carmel fondé). Etape décisive : en 1621, le pape Grégoire XV proclama que la fête de saint Joseph serait fête de précepte pour l’Eglise universelle (le 19 mars devient alors une fête chômée). Toutefois, cette décision pontificale ne fut pas reçue partout immédiatement, l’aval des princes étant nécessaire pour qu’elle aie force de loi dans chaque Royaume. En France, c’est au tout début du règne personnel de Louis XIV que la Saint Joseph fut ainsi reconnue, et cela, avec une rapidité confondante. Qu’on en juge : dans la nuit du 8 au 9 mars 1661, le cardinal Mazarin meurt, après plus de quinze ans de gouvernement. Les 9 et 10 mars, Louis XIV, âgé de 22 ans, prit personnellement le pouvoir et, avec une détermination qui causa la surprise générale, ne nomma pas de premier ministre ; il s’entoura cependant de deux conseils pour faire entériner ses décisions. Sur le point qui nous occupe ici, le jeune roi était tout aussi décidé et mena l’affaire tambour battant. Où doit-on alors chercher les origines de la dévotion de Louis XIV à saint Joseph ? – Sans doute dans les suites de l’apparition de notre saint près du village de Cotignac en Provence (le 7 juin 1660) qui avait fait grand bruit à la Cour… mais aussi chez deux princesses espagnoles, les plus proches du souverain : sa mère, Anne d’Autriche et l’infante Marie-Thérèse d’Espagne. Cette dernière était entrée en France, en traversant la Bidassoa avec son futur mari… le 7 juin 1660, jour même de l’apparition susdite, pour le mariage royal à Saint-Jean-de-Luz. Revenons à l’année 1661 : le 12 mars, trois jours après avoir pris le pouvoir, Louis XIV décide donc de solenniser sans retard le culte de saint Joseph, en faisant chômer sa fête dans tout le Royaume. Il aurait toutefois dû consulter les prélats français, or le 19 mars était proche… Les rares évêques qui purent être contactés à temps donnèrent leur accord. Le lendemain, 13 mars, pendant la réunion du Conseil d’En-Haut, le roi interdit donc tout commerce et tout travail tous les 19 mars à partir de 1661. Ce fait est connu et rapporté par les historiens du Grand Siècle (qui ne songent cependant pas à noter la rapidité de la procédure).

    Or, un événement concomitant tombe dans l’oubli le plus total : La consécration du royaume à saint Joseph ! oubli qui contraste avec la notoriété du Vœu de Louis XIII, consacrant la France à la Très Sainte Vierge en 1638.
    Il est vrai que la cérémonie de 1661 eu lieu dans l’intimité : non dans une basilique, une cathédrale ou une église… mais tout simplement dans la chapelle du Louvre. C’est là que, le matin du samedi 19 mars 1661, la France fut consacrée à saint Joseph.

    L’après-midi, après les vêpres, Bossuet, qui était occupé à prêcher le Carême aux carmélites du Faubourg-Saint-Jacques, célébra, dans leur chapelle, les gloires du nouveau protecteur de la patrie, en présence de Anne d’Autriche. Le célèbre évêque de Meaux avait accepté, au pied levé, de ne pas prêcher sur le Carême ce jour-là et de composer, en grande hâte, son deuxième Panégyrique à saint Joseph (il ne pouvait, certes, avoir l’indélicatesse de répéter le premier Panégyrique qu’il avait déjà prêché, quelques années plus tôt, devant la même Reine-Mère). Citons, pour conclure, la belle envolée par laquelle se termine ce sermon : « Joseph a mérité les plus grands honneurs, parce qu’il n’a jamais été touché de l’honneur ; l’Eglise n’a rien de plus illustre, parce qu’elle n’a rien de plus caché. Je rends grâces au roi d’avoir voulu honorer sa sainte mémoire avec une nouvelle solennité. Fasse le Dieu tout-puissant que toujours il révèle ainsi la vertu cachée ; mais qu’il ne se contente pas de l’honorer dans le ciel, qu’il la chérisse aussi sur la terre. Qu’à l’exemple des rois pieux, il aille quelquefois la forcer dans sa retraite… Si votre Majesté, Madame, inspire au roi ces sages pensées, elle aura pour sa récompense la félicité ». Par la suite, la consécration de la France à saint Joseph fut commémorée en France tous les 19 mars jusqu’à la Révolution. Depuis, elle n’a jamais été reprise. Il n’empêche qu’il est nécessaire de rappeler cet événement majeur dont on fête cette année le 343ème anniversaire.

    Le signataire de ce bref exposé n’en est pas le véritable auteur, car il en doit la substance à un ami, Monsieur Christian Gaumy, conservateur de la Bibliothèque universitaire de Limoges, qui a eu pour cela la patience d’explorer les montagnes de documents des Archives nationales et de la Bibliothèques nationale (Département des Manuscrits), et qu’honore le profond souci de faire connaître et aimer le saint patron de l’Eglise universelle ; qu’à tous ces titres, il soit ici remercié et assuré de ma gratitude.

    Père Damien-Marie « Le Sourire de Marie »

  2. Dans son livre SAINT-JOSEPH, le Marquis de La Franquerie nous donne les détail de l consécration de la France à Saint Jospeh par Louis XIV.

    Saint-Joseph, ou l’ami du Sacré-Coeur et dont le culte s’est développé parallèlement à celui du Sacré-Coeur Lui-même, apparait le 7 Juin 1660 à un paysan de Cotignac, dans l’actuel Département du Var (83570) http://www.nd-de-graces.com. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cotignac
    et fait jaillir une source. L’autorité religieuse saise fait une enquète, conclut à l’authenticité des faits et autorise la construction d’une chapelle sur le lieu de l’apparition. L’éloquence de Bossuet et ce miracle décideront le Roi Louis XIV à manifester sa reconnaissance et celle du Royaume par la consécration de la France à Saint-Joseph, PAR ARRET DU 17 MARS 1661, consécration publique qu’il réalisera deux jours plus tard le 19 mars : cet acte Royal aura les plus heureuses concéquences non seulement dans le Royaume qui connaîtra le Grand Siècle Français, mais aussi à l’extérieur et notamment dans les Missions.

    Si Louis XIV a accepté de bonne fois de consacrer la France à Saint-Joseph, l’ami du sacré-Coeur, pourquoi n’a-til pas consacré la France au Sacré-Coeur lui-même ? Selon le Marquis de la Franquerie, le Père Lachaise, https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_d%27Aix_de_La_Chaise
    confesseur du Roi Soleil, aurait du avertir ce dernier de l’importance du Message. Le prélat n’ayant pas fait son devoir, la responsabilité Royale est dégagée : bien que le Roi Soleil n’ait pas répondu aux demandes de Paray-le-Monial, la Vierge à Laus (05130) http://jesusmarie.free.fr/apparitions_laus.html https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame_du_Laus
    demandera que l’on prie pour le Roi de France car « s’il venait à disparaître, c’en serait fini de la France »…

    • alaintexier dit :

      Mais c’est que justement , Hervé, il RESULTE DE L’ARTICLE QUE TU COMMENTES que Louis XIV n’aurait JAMAIS/ consacré la France à Saint Joseph … Alors ???

  3. Une dévotion à Saint-Jospeh pour le retour du Roi en France ?

  4. alaintexier dit :

    Mais c’est que justement , Hervé, il RESULTE DE L’ARTICLE QUE TU COMMENTES que Louis XIV n’aurait JAMAIS/ consacré la France à Saint Joseph … Alors ???

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