Merci au Maître-Chat Lully de nous avoir fait parvenir depuis le paradis des chats les  » Grandes antiennes  » à prier du 17 au 24 décembre

2007-47. « Ero cras! »

16 décembre.

J’étais un peu intrigué par l’insistance de Frère Maximilien-Marie à vouloir intégrer dans la neuvaine préparatoire à la fête de Noël  …. les grandes antiennes qu’on chante à Magnificat tous ces jours-ci, et je lui en ai demandé la raison.

Bien sûr, il s’est empressé de m’expliquer la chose : j’ai ainsi appris que ces sept antiennes qui se chantent au Magnificat du 17 au 23 décembre sont une sorte d’introduction solennelle à la grande fête de Noël.
Leur caractère tout à fait exceptionnel mérite que tous les fidèles qui veulent se préparer au grand mystère qui sera célébré le 25 décembre, et pas seulement les prêtres ou les religieux qui récitent les heures canoniales, puissent en profiter.

Ces antiennes commencent toutes par l’interjection « O » et on les appelle grandes en raison de leur solennité et des sublimes mystères qu’elles expriment. Ces invocations datent, pour le moins, du VIème siècle, et primitivement, il y en avait douze que l’on les chantait au Benedictus des Laudes. Au IXème siècle, on commença de les chanter au Magnificat des Vêpres.
Dans certaines églises, elles étaient répétées après chaque verset. On les chante debout, et l’habitude veut même qu’on sonne les cloches à la volée à ce moment-là. Aux vêpres des fêtes dont la liturgie prime sur celle du temps de l’Avent, elles sont chantées après l’oraison du jour, comme mémoire du temps de l’Avent.

Le célèbre restaurateur de la vie bénédictine en France, Dom Guéranger, disait que ces antiennes «contiennent toute la moelle de la liturgie de l’Avent».
Elles sont toutes bâties de la même manière et on y retrouve deux parties faciles à distinguer.
La première est tirée de la sainte Écriture, non pas toujours textuellement, mais en des termes qui en font bien reconnaître l’origine : O Sagesse (Ecclésiastique, XXIV & Sag., VIII) ; O Adonaï et Chef de la maison d’Israël (cf.Exode III, 14; VI, 3 & Deut. XXXII, 12) ; O Rejeton de Jessé (Isaïe XI, 1) ; O Clef de la maison de David (Isaïe, XXII, 22) ; O Orient (Luc, I, 78) ; O Roi des nations (cf.
Ps.CI, 23); O Emmanuel(Isaïe VII, 14).
Dans la seconde partie, on répète, comme dans une litanie, le même appel : « Veni : venez », suivi d’une invocation qui varie avec chaque strophe et produit une sorte de développement du titre donné au Messie en début de phrase. La mélodie sur laquelle elles sont chantées possède en outre un caractère d’ardente supplication.

Ce que trop peu de personnes savent, c’est que ces antiennes sont aussi une réponse du Christ Sauveur aux appels qui lui sont faits. Mais pour pouvoir connaître cette réponse, il faut avoir chanté les sept antiennes, et reprendre la lettre initiale du titre donné au Messie par chacune d’entre elles.
Nous n’avons alors plus qu’à lire, en commençant par la dernière strophe, en remontant, et nous pouvons former ces mots : «
Ero cras
: demain je serai (sous entendu : parmi vous) ». La réponse nous est donnée le 23 décembre à la fin des vêpres sous la forme d’un acrostiche.

On remarquera par ailleurs que ce « jeu » littéraire n’empêche pas un certain ordre logique, une véritable progression, dans la suite de ces pièces remarquables : la naissance éternelle du Verbe est d’abord proclamée, puis ses rapports spéciaux avec le peuple élu, et enfin ses droits sur toutes les nations. Je ne résiste donc pas au plaisir de vous les retranscrire à nouveau, pour que vous puissiez, comme moi vous en émerveiller en les méditant…

Lully.  

 * * *

Texte des grandes antiennes  » O  » :

17 déc

O Sapientia, quæ ex ore Altissimi prodisti, attingens a fine usque ad finem, fortiter suaviter disponensque omnia: veni ad docendum nos viam prudentiæ.

2007-47.

O Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, qui enveloppez toutes choses d’un pôle à l’autre et les disposez avec force et douceur, venez nous enseigner le chemin de la prudence.

18 déc

O Adonai, et Dux domus Israel, qui Moysi in igne flammæ rubi apparuisti, et ei in Sina legem dedisti : veni ad redimendum nos in bracchio extento.

_clear dans De liturgia

O Adonaï, guide du peuple d’Israël, qui êtes apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné vos commandements sur le mont Sinaï, armez votre bras, et venez nous sauver.

19 déc

O Radix Iesse, qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, iam noli tardare.

_clear

O Fils de la race de Jessé, signe dresse devant les peuples, vous devant qui les souverains resteront silencieux, vous que les peuples appelleront au secours, délivrez-nous, venez, ne tardez plus !

20 déc

O Clavis David, et sceptrum domus Israel ; qui aperis, et nemo claudit ; claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis.

_clear

O Clef de la cité de David, sceptre du royaume d’Israël, vous ouvrez, et personne alors ne peut fermer ; vous fermez, et personne ne peut ouvrir ; venez, faites sortir du cachot le prisonnier établi dans les ténèbres et la nuit de la mort.

21 déc

O Oriens, splendor lucis æternæ, et sol iustitiæ : veni, et illumina sedentes in tenebris et umbra mortis.

_clear

O Orient, splendeur de la Lumière éternelle, Soleil de justice, venez, illuminez ceux qui sont assis dans les ténèbres et la nuit de la mort.

22 déc

O Rex gentium, et desideratus earum, lapisque angularis, qui facis utraque unum : veni, et salva hominem, quem de limo formasti.

_clear

O Roi des nations, objet de leur désir, clef de voûte qui unissez les peuples opposés, venez sauver l’homme que vous avez façonné d’argile.

23 déc

O Emmanuel, Rex et legifer noster, exspectatio gentium, et Salvator earum : veni ad salvandum nos, Domine, Deus noster.

_clear

O Emmanuel, notre roi et législateur, que tous les peuples attendent comme leur Sauveur, venez nous sauver, Seigneur notre Dieu !

Guirlande de Noël

http://leblogdumesnil.unblog.fr/2007/12/18/71-ero-cras/

A propos Charte de Fontevrault

Royaliste depuis mon entrée en Faculté de Droit et des Sciences économiques, ce qui est d'ailleurs assez tardif, j'ai découvert ma voie dans le royalisme providentialisme, c'est-à-dire le royalisme de de ceux qui s'en remettent à Dieu du point de savoir qui doit être Son Lieutenant en terre de France. La Charte de Fontevrault assure ce combat quotidien dans lequel elle est loin d'être seule, grâce à Dieu. http://www.sylmpedia.fr/index.php/Charte_de_Fontevrault http://www.sylmpedia.fr/index.php/Alain_Texier http://www.sylmpedia.fr/index.php/Providentialisme
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8 commentaires pour Merci au Maître-Chat Lully de nous avoir fait parvenir depuis le paradis des chats les  » Grandes antiennes  » à prier du 17 au 24 décembre

  1. MA Guillermont dit :

     » Hodie !  »

    Christus Natus Est

  2. MA Guillermont dit :

    2ème Magnificat
    L’Amour de Jesus-Christ a triomphé des coups , des épines , des clous , …

  3. MA Guillermont dit :

    Un de plus …
    Pour nous accompagner dans cette septaine si transcendentale ,

  4. MA Guillermont dit :

    Les chants de Noël ,
    « (…) D’après l’Evangile , les premiers chants de Noël furent ceux des anges , et , malheureusement , nous n’en avons pas gardé d’enregistrement !
    Après , c’est dans la la liturgie de l’Église que furent composés de magnifiques hymnes en latin pour Noël. (…)
    Mot spirituel du jour
    ……….. Abbé Henri Forestier

    https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://m.youtube.com/watch%3Fv%3D0pbKvi9mPqs&ved=2ahUKEwiFnaKihMfmAhXioVwKHfG4ClQQtwIwBnoECAMQAQ&usg=AOvVaw1vmK60ZnVRBvtWC54xPAiK&cshid=1576941488151

  5. MA Guillermont dit :

    St Bernard nous apprend à distinguer trois avènements de Jésus-Christ .
    – Le premier est celui où il s’est manifesté à la terre revêtu de notre chair .
    – Le second , celui par lequel il entre invisiblement dans nos âmes pour y habiter par sa grâce et par son Saint-Esprit .
    – Le troisième, celui qui terminera les siècles lorsqu’il viendra dans l’appareil de sa souveraine puissance et dans tout l’éclat de sa majesté pour juger le monde .
    Les fruits que nous pouvons recueillir de son premier avènement , et l’assurance d’être placés à sa droite au grand jour où le troisième s’accomplira ,,dépendent de la réception que nous lui auront faite dans le second .
    Qu’il nous importe donc d’inviter Jésus à venir dans nos coeurs pour soumettre toutes nos puissances et toutes nos affections et tous nos désirs au doux empire de son amour !
    https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://m.youtube.com/watch%3Fv%3D1ksm24xueVk&ved=2ahUKEwiyxLqCuMnmAhXJA2MBHbbrB5QQwqsBMAB6BAgDEAQ&usg=AOvVaw3Ahk14De852j74BeGLfHcl&cshid=1577023986961

  6. MA Guillermont dit :

    Abraham vit en esprit le jour glorieux où devait naître ce libérateur du genre humain , deux mille ans avant sa venue , et il en tressaillit de joie .
    Dieu dit au saint patriarche que toutes les nations seraient bénies dans celui qui naîtrait de sa race .
    La même promesse fut répétée à Isaac , puis à Jacob , qui , au moment où il bénit ses enfants , dit à Juda :
     » Le sceptre ne sera point ôté de Juda , jusqu’à ce que celui qui doit être envoyé soit venu ; c’est à dire , le Sauveur du monde . »

    Moïse le connut par révélation ; Jésus-Christ lui-même nous assure que  » Moïse avait écrit de lui  » ; après les patriarches ont paru les prophètes , qui ont parlé de lui encore plus clairement .
    « Une Vierge concevra , dit Isaïe, et enfantera un fils qui sera appelé Dieu avec nous . »
    Tous les justes qui ont vécu soit avant la loi , soit sous la loi , ont cru en lui .
    Tous les saints qui l’ont précédé depuis le commencement du monde , sont morts dans cette vive espérance , sans avoir reçu l’effet des promesses que Dieu leur avait faites , mais les voyant seulement …

    L’esprit de Jésus-Christ et l’épouse , c’est à dire , l’âme fidèle qu’il anime , disent : ……………. venez .
    Que celui qui entend cette voix , ajoute St Jean , dise aussi avec eux : ….. venez .

    Quoi de de plus naturel et de plus digne d’une épouse qui aime , que de soupirer ardemment après la présence de son bien-aimé ? Quoi de plus juste pour une créature destinée à posséder Dieu éternellement , que de gémis et dexs’affligé jusqu’à ce qu’elle jouisse enfin de sa félicité consommée et de son souverain bien ?
    (Extraits d’un livre relique de 1836 )

    https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://m.youtube.com/watch%3Fv%3D8YagJd8qLZ8&ved=2ahUKEwj5wpTLoMzmAhXaiFwKHQ7sALkQwqsBMAB6BAgHEAQ&usg=AOvVaw0C1udrj3mauF5gpbnbc3fQ&cshid=1577120910849

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