Le chemin de croix du Président Macron : La « station » Gilles le Gendre.

C’est bien lui…

Cinq faux pas en deux ans : retour sur les maladresses de Gilles Le Gendre à la tête du groupe LREM

Très contesté par ses troupes, le député de Paris a annoncé ce jeudi matin qu’il allait démissionner de ses responsabilités à l’Assemblée.

Par Quentin Paillé

Du gouvernement à l’Assemblée, la Macronie se remanie. Choisi en septembre 2018 pour succéder à Richard Ferrand à la tête du groupe LREM, Gilles Le Gendre a annoncé qu’il allait démissionner de ses responsabilités à la rentrée. Cette décision intervient après deux ans d’une présidence compliquée pour le député de Paris, qui n’a jamais vraiment fait l’unanimité au sein de ses troupes. En cause, ses faux pas, ses gaffes et ses maladresses à répétition.

● «Nous avons probablement été trop intelligents, trop subtils»

Première bourde en décembre 2018 alors que la crise des «gilets jaunes» bat son plein. Invité sur Public Sénat, le patron des députés macronistes tente de faire acte de contrition vis-à-vis de la politique du gouvernement. «Deuxième erreur, dont nous portons tous la responsabilité – moi y compris, je ne me pose pas en censeur : c‘est le fait d’avoir probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques ( LOL !) dans les mesures de pouvoir d’achat. Nous avons saucissonné toutes les mesures favorables au pouvoir d’achat dans le temps, c’était justifié par la situation des finances publiques mais manifestement ça n’a pas été compris», croit-il bon d’expliquer. Le tollé est immédiat et l’opposition se déchaîne, ce qui alimente encore un peu plus le procès en «arrogance» déjà instruit de longue date au chef de l’État et à ses proches. Face à la polémique, Gilles Le Gendre a tenté de se défendre sur Twitter : «​Trop intelligents = trop techniques = trop compliqués. Je n’ai rien voulu dire d’autre ​: les mesures sur le pouvoir d’achat sont désormais simples et lisibles. Désolé, sincèrement, si j’en ai choqué certains».

● Retraites : Le Gendre défend l’âge pivot à 62 ans, contre l’avis d’Édouard Philippe

Cela restera comme l’un des éléments marquants d’Édouard Philippe à Matignon. Soucieux de l’équilibre financier du système de retraites, l’ancien premier ministre a longtemps milité auprès d’Emmanuel Macron pour que la réforme systémique voulue par le président s’accompagne d’une mesure d’âge. Il a dans un premier temps obtenu gain de cause, puisqu’un âge pivot de 64 ans a d’abord été intégré au texte. Et ce en dépit de l’opposition de nombreux syndicats, à commencer par la CFDT… Qui a reçu un étonnant soutien en la personne de Gilles Le Gendre. «L’âge pivot de 62 ans pour partir à la retraite ne bougera pas» , a-t-il en effet affirmé en avril 2019. Une sortie qui a rendu fou de rage le chef du gouvernement, comme l’avait à l’époque rapporté l’un de ses proches au Parisien «Édouard Philippe est furieux. Le Gendre ne tient plus rien dans son groupe. Il la joue comme ça parce qu’il flippe comme un malade pour sa réélection, il essaie de fédérer les parlementaires, en particulier l’aile gauche de la majorité».

● Traçage numérique : un vote des députés «n’apporterait rien de supplémentaire»

         En avril 2020, en pleine crise du Covid-19, l’exécutif cherche comment endiguer la progression de l’épidémie. Plusieurs outils sont à la disposition du gouvernement, dont l’application de traçage «StopCovid», proposée par le secrétaire d’État au Numérique. Censé fonctionner via la technologie Bluetooth – et sans utiliser les données GPS des utilisateurs -, ce projet suscite une levée de boucliers sur le thème des libertés publiques… Et les députés réclament un débat, suivi d’un vote, pour faire valoir leurs arguments.«Je ne vois pas comment un vote apporterait quelque chose de supplémentaire» , croit bon de balayer Gilles Le Gendre. Sous pression, l’exécutif accède finalement aux demandes de l’opposition quelques jours plus tard, et annonce l’organisation d’un scrutin.

● Remaniement : la note «secrète» de Le Gendre à Macron fuite dans la presse

Chaque remaniement s’accompagne de son lot de rumeurs. Certaines sont fondées, d’autres un peu moins. Gilles le Gendre l’a appris à ses dépens. Début juin, lorsqu’il a considéré que sa réflexion sur l’architecture gouvernementale était mûre, le patron des députés LREM a décidé de transmettre ses pistes de travail à Emmanuel Macron. Il imaginait Bruno Le Maire à Matignon – malgré son «faible charisme» -, Manuel Valls au Quai d’Orsay… Et il se voyait lui-même ministre des Relations avec le Parlement. Surtout, il y estimait qu’aucun député de son groupe n’était en capacité d’intégrer le gouvernement. Problème : sa note «secrète» a fuité dans la presse, et l’a considérablement affaibli en interne. Certains suspectent une manœuvre de l’Élysée destinée à lui faire savoir qu’il n’était plus en odeur de sainteté.

● 30 députés en moins et 2 groupes en plus

En quittant la présidence du groupe LREM à l’Assemblée, Gilles le Gendre laisse des bancs macronistes nettement plus clairsemés qu’il ne les avait trouvés en arrivant. Quand il a été élu en septembre 2018, seuls 3 députés avaient quitté le navire. Sous sa présidence ce chiffre a été multiplié par 10, faisant passer le groupe de 314 à 280 députés… Soit moins que la majorité absolue (289), pourtant détenue par LREM depuis 2017. L’hémorragie s’est accélérée avec le départ, en mai dernier, de 14 députés LREM qui ont quitté le groupe pour créer deux groupes distincts : «Agir ensemble» et «Écologie Démocratie et Solidarité».

A propos Charte de Fontevrault

Royaliste depuis mon entrée en Faculté de Droit et des Sciences économiques, ce qui est d'ailleurs assez tardif, j'ai découvert ma voie dans le royalisme providentialisme, c'est-à-dire le royalisme de de ceux qui s'en remettent à Dieu du point de savoir qui doit être Son Lieutenant en terre de France. La Charte de Fontevrault assure ce combat quotidien dans lequel elle est loin d'être seule, grâce à Dieu. http://www.sylmpedia.fr/index.php/Charte_de_Fontevrault http://www.sylmpedia.fr/index.php/Alain_Texier http://www.sylmpedia.fr/index.php/Providentialisme
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