97-ROYALISME PROVIDENTIALISME. « Lettre de » ou souvenirs d’escapades au service de Dieu et du Roi- Alain TEXIER-.

                             LETTRE DE VENISE (30 avril 2009).                                                                     Sur la table de chevet de ma chambre d’hôtel à Venise.

Lorsque j’ai ouvert le  fenêtre de ma chambre d ‘hôtel à Venise , j’ai , comme il se doit , provoqué un  envol de pigeons  probablement  vers la place Saint –Marc … tant  qu’ à faire.
C’est en en repoussant  les  battants   que j’ai aperçu sur la table de  chevet des revues  à disposition. Au nord de l’Europe, il s’agit  souvent de la Bible des « Gédéons ». Ici et maintenant , c’était une assez  belle revue  étrangement nommée «   « Montenop »,dont la rédaction principale  est à Monte-Carlo et une redaction secondaire à Milan .

    La livraison n°17 de l’automne 2008 de cette publication  trilingue comporte en ses  pages 42,43  un  article intitulé  «  Menton, Notre-Dame de l’Annonciade » ( Trésors de la France  royale)
    Sur cette notion , voir  la page de ce  blog  intitulée
01- FAQ : FOIRE AUX QUESTIONS dit aussi à l’Anglaise, Frequently Asked Questions , « Inserts dans le texte des articles « )
   illustré  par  quatre religieuses  très souriantes en robe de  bure (?) sensiblement plus  colorées  que celles de leurs homologues  des autres ordres religieux  puisque ornées  d’un  scapulaire (?) rouge  vermillon, les soeurs portent  de plus  au cou  un assez important  médaillon  aux  armes semblent-ls  de l’ ordre de la Vierge Marie.
     Cet ordre plus  connu sous le nom d’Annonciade
http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C5%93urs_de_l%27Annonciade
      a été  fondé en 1501  par Jeanne de France ( née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi – morte le 4 février 1505 à Bourges), fille du roi Louis XI  marié à l’âge de 12 ans à Louis d’Orléans , futur  Charles VIII (1470-1483-1498).
Duchesse de Berry après l’annulation de son mariage Béatifiée le 18 juin 1742 par Benoît XIV et canonisée le 28 mai 1950 par le pape Pie XII.


                                                                       Alain TEXIER

      Voir aussi le  pélérinage de la  Fraternité  saint Pie  X à sainte Jeanne de France
http://www.laportelatine.org/district/prieure/stjacquesde%20saxeau36/PeleSteJeanndedeFr09/SteJeanne09.php 

* * *

LETTRE DU TRAMWAY DE BORDEAUX (1er JUIN 2010).

de l’etrange decouverte du prieuré fontevriste de talence (33400).

Bordeaux, 1 er juin 2010, 17 H25

     Je viens de sortir de la Cathédrale Saint André de Bordeaux où j’ai récité le chapelet en lieu et place d’une des deux visites hebdomadaires que j’avais l’habitude de rendre à ma chère tante Colette en sa maison de retraite. J’ai quarante minutes de libre avant la messe en rite extraordinaire de saint Eloi à 18 H30.

   L’occasion me parait donc rêver de m’offrir une petite escapade en tramway, histoire de retrouver la construction ce cet immeuble moderne , mais à la façon ancienne, avec voûte en plein cintre au bénéfice des ouvertures du rez -de-chaussée et du premier étage. Croyant me souvenir que cet immeuble étant sis à proximité de la ligne B, j’emprunte à « Hôtel de ville » la rame qui la dessert. En pratique, sept stations plus loin , ne reconnaissant pas les lieux je descends à « Forum » à proximité d’une église -celle de Talence – que j’avais cru voir en passant dédiée à sainte Maria Magdalena .. en pratique , c’est à Maria tout court qu’elle entendait rendre hommage.

De style début XIX e , l’église ne manque assurément pas d’allure , l’éxterieur du moins parce que s’agisssant de l’intérieur, il a été abominablement « conciliarisé » . Plus de choeur,   plus d’Autel majeur, plus de Sainte Table , plus de Tabernacle . Le vide en tous lieux . Je veux bien croire que sur terre, Dieu est partout , mais ici j’ai la navrante impression qu’il n’est nulle part. Mes yeux se portant au travers de ce désert fait de main d’homme , j’aperçus sur le mur du fond , la photo d’une pieta ancienne . Cette statue est toujours dans l’église en lieu et place de l’autel qui lui est consacré. Elle fut installée en cet endroit dans les années 70 quand l’eglise fut amputée de sa plus belle moitié pour y construire la partie moderne.

NDLRB. cette dernière phrase tient compte de la correction apportée par Monsieur l’Abbé Couguet que vous trouverez en commentaire ci-aprés* et que nous remercions de nous avoir écrit.

   Sous la photo une notice très bien faite m’informe que cette statue de Notre dame de Pitié dite aussi de Notre-Dame des sept douleurs était un des ornements de la chapelle – elle aussi aujourd’hui disparue – du prieuré Notre Dame de la Ramée ou des branchages , l’endroit étant jadis couvert de forêts .

   Poursuivant ma lecture , je découvre , incrédule, que ce prieuré appartenait à l’Ordre de Fontevrault en Anjou . Puis , pour faire bonne mesure, la Providence complête mon information en me précisant que la « Pieta a certainement été offerte au prieuré par les Abesses qui désiraient restaurer l’Ordre et développer le culte nouveau de Notre-Dame-de-Pitié, source de réconfort spirituel en ces siècles si douloureux et si troublés que furent les XIV e et XV e siècle« .

Voilà ce que je souhaitais vous dire en ce siècle si douloureux et si troublé où il ne fallut rien de moins qu’une erreur de choix de ligne de tramway pour me remettre sur le droit chemin de mes recherches fontevristes.

La vie fait bien les choses, aprés tout. C’est dans un « désert, » il y  a fort longtemps que le Prieuré Fontevriste de la Rame fut fondé et c’est dans le désert aujourd’hui que constitue l’église de Talence , raide mais digne dans sa douleur, que j’en ai retrouvé les humbles -mais oh combien émouvants- restes.

   J’avais repris le chemin du retour vers Saint-Eloi, assis dans mon tram , les yeux mi-clos, je songeais, mutatis mutandis, aux paroles du Magnificat :

« Mon âme exalte le Seigneur …

Le Seigneur fit pour moi de grandes choses…

Et Son pardon s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent « .

Bonsoir,
en faisant quelques recherches, je tombe sur votre blog, très interresant. Toutefois, je voulais corriger une erreur. Vous dites que vous avez aperçu La photo de la *pieta » en disant que celle-ci n’existe plus. La statue est toujours dans l’église en lieu et place de l’autel qui lui est consacrée. Elle fut installée en cet endroit dans les années 70 quand l’eglise fut amputée de sa plus belle moitié pour y construire la partie moderne. Je voudrais simplement que soit rectifiée cette petite erreur.

En ce qui concerne le maître autel, je vus accorde que cette table en aggloméré ne convenait absolument pas et que nous inaugurerons le 8 décembre 2010 le nouvel autel avec les reliques du grand maitre autel démoli dans les années 70. 5heureusement la pierre fut conservée.

Bonnes recherches et bonnes études
Cordialement

                                   LETTRE DU HAUT LIMOUSIN (87) (14 mai 2011)                                  Souvenir d’une soirée de mariage à la campagne.

   L’endroit  était  charmant dans ce Limousin qui n’en manque pas, la  vue  sur la campagne environnante, magnifique et de  grande qualité, l’amitié  du couple  qui nous avait  convié à participer au mariage de l’une des siennes, très agissante et très protectrice.    

  Il est  bien connu que l’on ne  doit  lors d’un dîner  en  ville ne parler  ni de religion ,  ni de politique, mais ce soir-là, c’était un dîner à la campagne  alors…

  A vrai dire, nous étions, ma  voisine et moi, d’accord  sur tout au plan religieux et presque d’accord sur tout au plan politique. ; »presque » , le diable se  cacherait –il dans les détails ?

– La France n’allait pas  bien

– Marianne ne  pouvait être le régime qui la sortirait de la crise politique et morale  où elle se débattait.

– Il lui fallait  donc un roi, oui  mais lequel ? (air connu!)

     Connaissez-vous l’eau minérale  «  La Chateldon ? » ; Une pure merveille … minérale, mais pas trop  , gazeuse  mais légère, légère … Une  eau qui vient d’Auvergne, mais qu’on  ne trouve pas dans le commerce mais seulement  sur des tables  choisies.

    Pour ma voisine  de gauche, enfin pas tant  que cela, aucune hésitation n’était possible, les lois  fondamentales du royaume étaient  claires, un seul chef, un seul espoir, une seule pensée … l’aîné de la famille.

     Pour moi, un prince d’autant plus difficile à défendre  que je ne connais ni son nom  , ni son programme, ni la façon dont il s’y prendrait ramasser le sceptre  tombé dans la boue ni l’heure de sa  venue, bien entendu

       Les maîtres du repas avaient  bien fait  les choses, sachant  combien il est difficile de résister aux  gâteries servies lors du cocktail, ils avaient habilement prévu de commencer le repas par le plat principal… Comme cela, nous avions encore de l’appétit en passant à table.

     Alors, faute de certitudes, je présentai mes  conclusions avec  comme axe majeur la déshérence qule blog Café royal a qualifié à bon droit de litanies de deuils

http://leblogdeliemarie.wordpress.com/2010/09/05/de-quelques-aleas-bourbonniens/

   deuils qui paraissaient avoir frappé le royaume de France depuis que la demande  transmise par (sainte) Marguerite-Marie n’avait  pas été  suivie d’effet …

– Les deuils à la cour du roi-soleil

– Louis XV, arrière petit-fils du défunt  roi…

– Louis XVI, petit-fils du précédent

     C’en était fini du « miracle capétien » et des transmissions héréditaires bien plus faciles qui l’avaient caractérisé.

Profitant  ce  que je pensais être un avantage, j’enchaînais alors «  le règne de Louis XVI ne  fut pas un succès total » ce qui déclencha une réponse à laquelle j’étais à mille lieux de m’attendre ;  « Et pourquoi dites-vous cela ? Pourquoi  imputer la révolution à ce brave homme ».

    La chaude atmosphère de la soirée avec des intervenants de grande  qualité  qui se  moquaient plus d’eux mêmes et des familles qui s’unissaient   que de certains malheureux  convives tournés en ridicule comme on le  voit hélas  quelquefois ici où là,  n’avaient pas empêché des anges de passer.  Et là au-dessus de nous, il  venait d’y en avoir quasiment toute une escadrille.

    C’est que je … n’impute rien, je  constate seulement  que la révolution fut grandement  destructrice pour notre pays, pour la  foi de ses  enfants et puis aussi, pour la famille de Bourbon qui allait  s’éteindre avec « Henri V ». Après quoi, les Bourbons  résidant en Espagne  tant la branche cadette (le roi Juan-Carlos) que la  branche aînée, celle de Louis XX, allaient   subir les drames que l’on connaît, drames qui allaient culminer fin janvier 1989 (!) avec la mort  du prince Alphonse décapité (!!) par un câble alors qu’il descendait  à ski une  piste aux Etats-Unis

   Et alors, c’est pour  cela, selon vous, me  dit-elle d’un ton mi assuré, mi- glacial et peut -être même mi (?) ironique que les Bourbons ne seraient plus légitimes ?

     A côté de notre table, les chants des convives avaient  repris : Buvons un coup, buvons en deux, à la santé  du roi de France. Une vielle à archet  menait la danse pendant  que les pieds  des convives battaient  de plus en plus  vite la mesure. C’est  cela, buvons un coup, buvons en deux à la santé du  roi de France, le roi de France, oui, mais lequel ?

   Je  suis toute prête, Monsieur, à me soumettre à la  volonté  divine s’agissant  de qui doit être Son Lieutenant en terre de France  comme vous dites, mais je ne  vois pas  de signe me permettant  de  conclure qu’aux yeux de Dieu, les Bourbons ne seraient plus légitimes.

   Sur  ce,  je la remerciais de sa  franchise  et la laissais  déguster son dessert  tout en faisant de  même du mien.  Lorsque je   me  suis tourné à nouveau vers elle, il  n’y avait plus personne. Nous n’étions plus très loin de minuit et à l’autre  bout de la  salle où avait été servi le repas, les mariés  venaient de  commencer leur première  valse.

     Il ne m’apparaît même pas possible à nous, providentialistes, de dire  que tant  que Dieu n’a pas  donné un signe tangible de  sa  volonté  nous  continuerons à servir un  prince plutôt qu’un autre car  ce  que Dieu attend de nous, plus de deux siècles après la révolution, c’est une  disponibilité totale à ses desseins et donc l’absence de  préférence en faveur d’un prince . Les Providentialistes ne peuvent  que  choisir de servir  le Principe plus que le prince. De cette absence d’incarnation charnelle actuelle de leur espérance  résulte indubitablement une  douleur. Puisse t-elle  servir à leur purification… mais  bienheureux ceux  qui croient sans avoir  vu. (Jn 20,29)

    Il  convient  donc d’en revenir aux  sources  c’est-à-dire à Dieu puisque la même Jeanne d’Arc  a  confirmé le  21 Juin 1429 (triple donation) que le royaume de France  était  avant  tout le royaume de Jésus-Christ.

   C’est  donc à Dieu de  désigner maintenant dans la famille des rois très  chrétiens  qu’il a choisie en 496 qui doit être Son Lieutenant  sur le trône de France.

    Dans le dessein  de guider les personnes  qu’on nous avait  confiées  vers notre voiture qui les ramènerait à l’hôtel, mon épouse activa sa  télécommande.  La  voiture  clignota  à trois reprises  pour  signaler  sa position  sur le parking et puis s’éteignit.

    Levant les yeux,  je  vis  un ciel étoilé  d’une limpidité telle  que l’on n’en voit  vraiment plus qu’à la campagne. Il y avait nécessairement  dans  ce  ciel une  étoile  pour  nous donner  confiance et pour nous guider  sur le chemin de la  restauration à venir. Une étoile ! oui, mais laquelle ?

* * *

                  LETTRE DE LA CHAPELLE SAINTE DEVOTE DE MONACO                        ou les larmes de Charléne (2 juillet 2011).

Dans la petite église au charme italien,il n’y avait pour ainsi dire que la princesse , la mère et sa fille qui chantaient un air si nostalgique et la Vierge Marie. Honnêtement , le prince Albert paraissant être ailleurs , gêné sans doute par cette nouvelle effusion de sa femme et craignant peut –être que la rumeur d’une union quasi contrainte ne soit ainsi relancée . La mère et sa fille se faisaient donc écho sous les voûtes de stucs rose , jaune et vert debouts sur le dallage losangé de marbre blanc et noir. Marie regardait sa nouvelle fille paraissant découvrir avec joie les délices du culte marial à la catholique et Charléne , elle, semblait regarder le Ciel ou qui sait ? un ange peut –être aux ailes fuselées d’argent et de gueules comme le sont les armoiries de la Principauté. Et les larmes perlaient aux cils de la princesse , puis coulant de ses grandsyeux roulaient sur ses joues lisses.

http://www.leparisien.fr/informations/videos-mariage-princier-a-monaco-les-larmes-de-charlene-02-07-2011-1518304.php    

http://www.parismatch.com/People-Match/Mariage-Monaco/Le-Mariage/Videos/Albert-et-Charlene-les-larmes-d-une-princesse-309801/

Quand nous sera-t ’il donné de voir nous aussi un fils de France prendre à son compte la prophétie dite de saint Pie X. (Allocution du 27/11/1911)  » Lève-toi, lave-toi de tes souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon Nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre« . http://leblogdeliemarie.wordpress.com/2011/01/07/les-royalistes-francais-et-leglise-le-divorce/ / Quand nous sera-t ’il donné de voir nous aussi un fils de France pleurer sur ses fautes , sur celles de son peuple et sur celle de son royaume si longtemps perdu ? Nous avons nous aussi en France une chapelle sainte Dévote , elle est située en Corse à San-Giovanni-di-Moriani … mais nous ne manquons assurément pas de lieux où nos princes et nous pouvons prier et pleurer … Et si nous commençions tout de suite … Nos yeux lavés par nos larmes, et nos souillures par nos prières , nous verrions alors bien plus clairement la volonté de Dieu pour son royaume de France.

* * *

             LETTRE DE l’EGLISE SAINT PIERRE DU QUEYROIX                     (Limoges)   (16 mars 1012)

J‘avais  commencé ma matinée  par la lecture  des textes de la messe du jour puisque lors du Carême nous avons la chance  d’avoir  une messe par jour et j’ai donc  lu dans l’evangile  selon st Jean ce  Vendredi : 7 Arrive une femme de Samarie pour puiser de l’eau. Jésus lui dit :  »Donne-moi à boire. » … 9 Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit :  »Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine ! » Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. 10 Jésus lui répondit :  »Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive. » 14 ( et) celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle.’

Voilà de bien longues semaines que je retardai  l’occasion de me  confesser, moi qu’on avait  connu  naguère plus assidu au « tribunal de la pénitence »  et puis aujourd’hui voici que se déroulait une grande journée de réconciliation en l’église  Saint Pierre du Queyroix.

La grande  abondance de prêtres annoncée  surtout en cette période de pénurie devait me permettre de trouver sans problème à qui faire  l’aveu de mes fautes répétitives. Pour un peu, on se serait cru avant le Concile Vatican II car des prêtres il y en avait partout dans l’église  quasiment même, j’exagéré à peine, dans les  placards à balais. Cela n’aurait d’ailleurs  été qu’un juste retour des choses après cette période  post conciliaire qui vit précisément  un grand nombre de confessionnaux  transformés en placard à aspirateurs et autres matériels d’entretien. J’avais une telle hâte de sentir en moi jaillir cette source d’eau vive  que je me suis précipité au pied du premier prêtre que me fit rencontrer la Providence.

Au travers des vitraux filtrait une lumière  dont j’avais perdu l’idée de l’éclat et une douce  chaleur irradiait toute mon âme. Quelle folie de distendre à ce point les liens qui me réunissent à mon créateur et  quel gaspillage de se priver de tant de communions… j’hésitai à quitter cette église ou tout autour de moi, un si grand nombre de personnes revenaient -enfin- dire à leur Père qu’ils l’aimaient et qu’ils avaient honte et peine de  qu’ils Lui avaient fait. Mon action de grâces fut  donc itinérante dans cette église où avait l’habitude  de prier  ma tante, Yvonne morte en 1929 d’une méningite à 19 ans et où mon épouse et moi nous mariâmes un beau jour d’automne.

Dans  le trolley qui me ramenait à la  maison,  beaucoup de croyants  mais d »un autre horizon. Nous étions vendredi  et la ligne desservait une des mosquées de la ville. C’était assurément le moment de me rappeler  cette phrase extraite du testament de Louis XVI:

   Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent estre dans l’erreur, mais je ne pretends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J.C. suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

Et maintenant, il ne tenait  qu’à moi que jamais ne revienne le temps des larmes et de la peine. Puissé-je ne jamais oublier de quel prix mon Sauveur avait  acquis le pardon reçu ce jour et  que jamais je n’oublie l’eau de la claire fontaine dans laquelle il m’avait été  donné de me baigner ce matin.

* * *

                 LETTRE DE LA CHAPELLE  DE LA MEDAILLE                    MIRACULEUSE                                                                                                                                                                 140 rue du Bac (19 juin 2012)

     Mon Dieu que l’on est  bien au pied de  votre mère  qui aima  tellement  cet endroit  qu’elle y vint  faire un tour  lors de la nuit du  19 juillet 1830 et  que l’on peut y voir encore le fauteuil dans lequel la radieuse Marie s’assit pour parler plus à son aise avec Catherine Labouré, novice des Filles de la Charité,  agenouillée à ses pieds.

Que l’on est  bien peut-être plus  spécialement sur le  «  banc des  confessions »  placé  contre le mur au fond  du sanctuaire. Là, frères et  sœurs  unis  dans la  même espérance de pardon du Père, nous avançons  graduellement , véritable antichambre du ciel au fur et à mesure  que nous précédent les pénitents appelés  vers l’une ou l’autre porte  de verre  genre   cathédrale, c’est  bien le moins, quoique  moins opaque, des deux réservoirs de grâce  qu’il est aussi possible de nommer  des confessionnaux.

A « P » (P… pour pénitents) moins quatre, il me fut possible de discerner la  silhouette  d’une jeune  femme  brune sans doute  d’ailleurs plus  blottie  qu’agenouillée  sur le prie-Dieu surmonté par une  grande  croix de  bois  clair vernie. La tête  penchée  vers le père  et  sa tête encadrée  par  des  cheveux  taillés en carré  plutôt long, elle paraissait  comme une enfant ayant  enfin trouvé  à qui dire  tout ce qu’elle avait  sur l’âme et sur  le  cœur. J’avoue  qu’il  m’est arrivé de l’envier en ce moment , elle à qui le Seigneur venait  de donner la double grâce de se reconnaître, et  fautive et   pour  cela  même, digne d’être aimée. Mon Dieu, qu’elle est  belle notre religion et  qu’il est  digne d’être connu et  pratiqué  ce sacrement  qui, de l’état  de sépulcre blanchi, nous fait passer à l’état de  colombe  s’envolant  vers le ciel  enfin ré-ouvert pour nous.

A l’autel se déroulait une des messes  journalières dont cette chapelle est  riche et le sermon portait  sur le pardon…  Etions nous  bien sûr d’avoir  complètement  pardonné ? Il y a toujours un moment où Dieu nous fait la grâce d’entrouvrir notre cœur pour y jeter un  de ces rayons  analogue  sans doute à celui qui, notre vie finissant, nous permettra de  faire en un éclair le  bilan de  ce que nous avons fait et  aussi de ce que nous n’aurions pas dû faire.

Hé  bien ce rayon venait  d’éclairer mon âme , moi qui avait –entre temps-  remplacé la  pieuse  et  touchante pénitente sur le prie-Dieu des aveux. Et, par une alchimie mystérieuse, cette  chaude lumière  faisait  couler sur mes joues des larmes tièdes elles aussi. Des larmes qui auraient peut –être  dû couler  ailleurs et un peu plus tôt ? Vous devez pardonner  pour pouvoir à votre  tour être pardonné.

Ma pénitence  accomplie, Je pouvais  maintenant joindre mon action  de grâces à celles des fidèles  qui, la célébration de la messe  finie, s’agglutinaient  à la Sainte Table  au pied de l’endroit où Marie  apparût  lors  de la nuit du  19 juillet 1830  comme autant de chatons  venant  sucer goulûment le lait  salvateur.

   La Pénitente  que le Seigneur, qui me connaît  si bien, avait installé quelques  places devant moi  dans la file d’attente , car il savait  de  quel secours elle me serait pour m’aider à préparer ma  confession,  s’était  fondue  dans la masse des fidèles et peut-être même  était –elle arrivée assez  tôt  pour pouvoir  communier. Ma  communion , à moi , ne serait  que  spirituelle  en cette  fin d’après-midi, mais le Seigneur qui venait  de  changer mon cœur de pierre  en cœur de chair saurait  bien me faire attendre encore un peu, sans péril majeur pour mon  âme,  mon prochain banquet liturgique.Confession_Albacete_400http://fatherdylanjames.blogspot.fr/2012/03/5th-sunday-of-lent-year-b-on-confession.html

* * * 

                                  LETTRE DE BRIZAY (été 2013);                                                   pays de la ferme de mes grands-parents maternels

ll n’est  sans doute pas  facile de devoir renoncer -contre indemnisation financière- à ma part  d’héritier  de la maison à la campagne ,  à mon épouse et à moi, et ceci en raison  d’une situation qui s’annonce  intenable … Délicate  situation, en effet, que celle  du cadet  qui sait  qu’il sera mis en minorité  lors des  choix de gestion du patrimoine par  la majorité quasi automatique  constituée par son frère aîné et par le « petit dernier ». 

   Des lors la revue de  détail de cet après –midi, en compagnie de l’agent immobilier  chargée  d’estimer la valeur des biens en cause, ne s’annonçait pas forcément  comme un rendez-vous très gai même  , comme ils disent, « Ils s’entendent très  bien »… ce  qui n’est d’ailleurs pas faux.

   Etrangement , ces pièces où j’ai connu des jours très heureux  -ayant  été un fidèle de  ces lieux  jusque  vers ma quarantième année- m’ont paru aujourd’hui plutôt petites et parfois même en assez mauvais état ; la cause en étant  sans  doute la très longue maladie de maman qui a empêché  des  visites d’entretien de la propriété ces six dernières années. C’était  sans  doute la  façon dont la Providence s’y prenait pour atténuer mes regrets. Hors d‘état de nuire aussi ce  qui avait dû être le vélo de  mes  quinze ans… il est  vrai que j’ai aujurd’hui plus de 67 automnes.

   Au demeurant , mon attachement à Brizay était  sans doute  beaucoup plus sentimental que matériel à proprement parler. Il convient donc que je  vous fasse l’éloge de mes terres quasi natales ( Loudun n’étant pas à  plus de 20 Km) plus en esprit  qu’en chair et  en os, si j’ose ainsi m’exprimer.

   Ce qui m’a  toujours  beaucoup plus en cette terre  et ce serait mentir  que de  dire  que  je fus particulièrement gai tout au long de cette  visite pas tout à fait mortuaire  quand bien même elle engloba un pèlerinage rituel sur une des   tombes de ma famille  au proche  cimetière de Coussay, c’est en plus d’avoir été la terre  de mon enfance et  de la douce proximité de mes grands parents, c’est sa proximité avec le Val de Loire.

   Cela je l’ai toujours su et  c’est  bien cela qui m’a donné l’idée le 25 août 1988 de fonder en l’abbaye royale  homonyme, la Charte de Fontevrault. Mais ce que j’ai découvert beaucoup, beaucoup plus tard c’est que Brizay était une extraordinaire  base de lancement pour découvrir l’Ordre  monastique de Fontevraud qui avait semé  tout alentour prieurés  et  biens fontevristes sans oublier  naturellement la présence tutélaire de l’Abbaye royale.

  Or si Brizay s’éloigne, l’Ordre de Fontevraud lui reste et  de  quelle façon ne serait-ce  que  grâce au prieuré de Guesnes et à celui de Lencloître à 10/15 km de Brizay et à la forêt de Scévolles  donnée  précisément  aux abbesses de Fontevraud  par un de seigneurs de Brizay. Cette forêt où  notre grand père, celui aussi de mes deux frères, composant la majorité  quasi automatique  dont je vous entretenais plus haut, notre grand père, donc, nous  conduisit  si souvent en charrette  trainée par Fauvette, puis par Bibi…

 Brizay s’éloigne donc, sans doute définitivement, mais moi je reste  et oh paradoxe ! Si je reste  c’est bien précisément  grâce à Brizay.

* * *

 

                            

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